Quand on est une fille et que l'on a 13/14 ans on rêve, semble-t'il, de chanteurs ou d'acteurs en vogue. Ses posters punaisés sur les murs de la chambre, on devient hystérique dès que sa photo apparaît sur un magazine quelconque. Mais tout cela reste du domaine du gentil. De l'amour platonique...

Ce n'était déjà pas mon cas.
Pourquoi ma prof de géo m'intéressait-elle plus que Tom Cruise ? Pourquoi, en été, sur les plages j'étais émoustillée par toutes ces femmes en topless ? Pourquoi, dans les films X que je regardais en douce il n'y avait pas plus de scènes entre filles ? Et surtout, pourquoi je me contre foutais royalement de vivre une histoire d'amour ?
Ok, j'étais lesbienne. Ce qui n'exclue en rien les rêves amour. Mais ces filles là, je me les imaginais, non pas marchant main dans la main le long d'une plage sur fond de coucher de soleil, mais plutôt corps contre corps sous une toile de tente...

Adolescente, les filles de mon âge étaient désespérément hétérotes et les plus âgées pour la plupart inaccessibles. Période de vache maigre, à quelques rares exceptions. Mais ces exceptions avaient commencé à m'inculquer l'art de la drague et de l'alchimie saphique (la transmutation d'une hétéro en bisexuelle, voir lesbienne).
Arrivée à l'âge où prétendre la majorité était physiquement crédible, la bête était lâchée. Ca a duré des années durant, sans jamais ressentir l'envie de me poser en couple. Parties à 3, à 4. Jouets. Trop de filles à découvrir. Trop de sensations et de zones du corps à explorer...
Puis arrive la découverte du sexe au masculin. Et les possibilités de plaisir se démultiplient. Nouvelles sensations, nouveaux parfums, nouveaux goûts. Plusieurs partenaires. Découverte des clubs libertins, viviers de plaisirs, garants de rencontres sexuelles sans lendemain. Nouvelles pratiques.

Pourquoi cette faim insatiable ? Je n'en sais fichtrement rien. Je ne cherche même pas à comprendre, je vis, point à la ligne. Mon corps assimile les plaisirs. Et comme pour une drogue, il va me réclamer des sensations encore plus intenses. Encore plus fortes. Et quand mon corps sature de plaisir, c'est le cerveau qui prend le relais. Le situations le stimulent. La nature et les circonstances des rapports aussi.

Je suis en effet insatiable. Une outre-mangeuse sexuelle. Il y aura forcément une limite à un moment, physique ou psychologique. Mais pour l'instant, je ne l'ai pas trouvée, et ça ne me tarde pas.


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