Je vais finir par croire que je suis un monstre associal, mais je ne m'entoure que de gens qui savent voir au delà de leur nez, écouter plutôt que de s'écouter, qui vivent leur vie sans se frustrer. Ca parait simple pourtant, mais ça en élague déjà beaucoup.

Je traîne donc souvent en soirée avec l'une de ces rares personnes. Intelligent, sportif, un brin timide. Bref, un garçon séduisant, qui a du succès auprès des femmes (je lui en aurais bien "emprunté" certaines).

Nous discutions dernièrement de choses et d'autres. Surtout des autres. "L'enfer c'est les autres" disait Sartre. Et bien récemment, " d'autres " amis, garçons et filles, lui ont demandé ce qu'il pouvait bien trouver à traîner avec moi :
- "Elle ne fait que du cul, qu'est ce que tu fous avec ça ?"

Merci pour le "ça". Passons. Du reste, il a eu du répondant : nous jouons au scrabble, parfois même à la belote. Cecilia Vega Que du CulEt puisque je ne fais que du cul, il en profite pour me faire reviser mon alphabet. C'est chouette l'alphabet : toutes ces lettres qui font des mots... Cela dit, ça me sert vachement pour mes scénarios "de cul", surtout les "A", les "O" et le bien plus complexe "Oh Oui". Quand je serai à point, je m'attaquerai au bien plus complexe "vas-y fourre la moi bien profond" ;-)



"Que du cul"... Je trouve çà tout de même très limitatif. Je fais aussi "de la chatte" et "de la bite", tout de même...
Que répondre à ces dindes (hommes et femmes confondus) ? Que j'ai aussi un autre métier et que si ils ne me connaissaient que par ce dernier, cela serait beaucoup plus "fashion" et "honorable" de me fréquenter ?

Non. Hors de question. Car ce serait avoir honte du porno et le renier. Et j'aurais l'impression de dénigrer la profession, ainsi que les autres actrices. Alors pour ces gens, OUI, je ne fais "que du cul".

Cecilia Vega que du Cul Mais c'est tout de même étonnant. Le cul, soyons francs, tout le monde court après, c'est comme l'argent. Et pourtant, dans le milieu de la jeunesse dorée clermontoise que je fréquente, j'ai l'impression d'être entourée de tiers-mondistes du sexe. Une majorité qui piaillerait de faim et qui jalouserait la minorité qui consomme. En silence.
Du coup, les laissés-pour-compte se lâchent. Verbalement. Mais jamais en face.

Cecilia Vega que du CulBon. Qu'une telle réflexion puisse venir d'une fille ne me surprend qu'à moitié. Nous sommes jalouses par nature direz-vous et c'est pas faux. Même si vous êtes une fille "respectable" traînant amicalement aux côtés d'un garçon convoité, faites confiance aux dindes pour vous trouver tous les défauts du monde. Mais si par malheur vous ne faites "que du cul", alors vous devenez à leurs yeux une créature abjecte qui ne vit que du stupre et de la fornication (yesss!). Accessoirement, une créature abjecte sur laquelle son copain se branlera en cachette (doubles Yesss!) et qui donnera à son dernier plein de mauvaises idées ("Quoi ? M'enfoncer un gode dans le cul ? Mais je suis pas cette salope de Cecilia Vega moi !!!"... Triple Yesss!)

Il est probable que dans le système de valeurs des Dindes, mélanger sexe et travail c'est sale. D'ailleurs, si vous en êtes à ce stade (de baiser devant une caméra, et en plus d'être payée pour ça) alors il vous manque un grain (pensez à l'alphabet, plus haut...).
Une attardée qui passe de surcroît à côté des vraies valeurs (le sac Gucci, le téléphone Prada, le bustier D&G bling-bling, la Star'Ac ).
Là je le reconnais, je suis à côté de la plaque et ce ne sont pourtant pas les moyens qui me manquent. De plus (shame on me) je suis incapable de vous citer au moins un gagnant de la Star'Ac, ni de me trémousser comme une nymphomane en manque devant un homme, pour lui lâcher dans les 5 minutes que je recherche une relation sérieuse (ce qui justifie les 560 grammes de maquillage, le wonderbra, le jean taille ultra basse et la demi bouteille de whisky nécessaire pour se lâcher) Non, je ne maîtrise pas toutes ces subtilités qui feraient de moi une femme honorable et dans le coup.

Perso, je ne fais "que du cul"... Je ne sais pas me montrer autrement que comme je suis.

Cecilia Vega Que du CulMais là où ça surprend d'avantage, c'est qu'une telle réflexion sorte aussi de la bouche d'un homme. Je ne vous parle pas de ces hommes posés pour qui le sexe n'est pas une finalité, mais des chasseurs nocturnes. Oui, ces mêmes mâles que je croise le soir dans les bars lounge, tous pectoraux dehors, prêts pour la chasse à la femelle.
Ceux-là même qui cherchent la salope d'un soir, qu'ils retourneront dans tous les sens pour aller s'en vanter des le lendemain autour d'une bière avec ses potes. Celui qui, quand il relate ses prouesses, n'épargne aucun détail à ses amis : couleur, goût, positions, si elle se fait enculer ou pas, si elle bouge bien ou si c'est une crêpe, si elle avale, s'il l'a "éxplosée"... Bref, un vrai film porno (car il rajoutera certainement sa part de fiction d'acteur réalisateur).
C'est ce même mâle, fier prédateur de salopes auto-proclamé, qui se demande pourquoi son ami traîne aux côtés d'une fille qui ne fait "que du cul". Fascinant... Et dire que je me trouve contradictoire...

Je ne saisis toujours pas la différence entre la "salope d'un soir" et celle qui ne fait "que du cul".
Peut-être que cette dernière fait pour de vrai ce qu'il aurait aimé faire à la première ?

Décidément, rien n'a changé depuis des millénaires. La nudité et le sexe restent la première cause de malaises, jalousies et frustrations de cette civilisation.

Alors pour tous ces étriqué(e)s d'esprit dont la vie sexuelle est inversement proportionnelle à leurs envies :

Oui, je ne fais "que du cul". Et je ne compte pas me soigner...
Cecilia Vega Que du Cul