Les Libertins, Us et Coutumes, 2/3
Par Cecilia Vega le samedi, 15 septembre 2007, 10:30 - Chroniques - Lien permanent
La suite de la chronique précédente. Découverte de la faune et de la flore dans l'univers des clubs libertins...
Bous n'y comprenez rien aux nuances entre échangistes, mélangistes, triolistes, libertins, partouzeurs etc. ? Alors lisez ce nouvel extrait...
LA FAUNE ET LA FLORE
Vos boissons en main (habituellement jus de fruit pour madame et whisky-coca pour monsieur) vous cherchez un endroit où vous poser et commencez à balayer du regard la salle.
Couples, hommes seuls, femmes… Qui sont-ils, que recherchent-ils ? Car le monde libertin n’est hélas pas si simple, même si un point commun les relie tous, celui de la recherche du plaisir physique. Il est peut-être temps de passer en revue la faune traditionnelle d’un club libertin mixte, et d’en connaître un peu mieux la terminologie…
LES ECHANGISTES (swingers)
Avec le temps, le terme échangiste est devenu synonyme de libertin. Pourtant, si l’échangiste est libertin, le contraire n’est pas forcément vrai.
Primo, on ne peut être échangiste qu’en couple, qu’il soit officiel (marié) légitime (régulier) ou pas (no comment).
Deuzio, le couple échangiste recherche exclusivement d’autres couples échangistes (ça simplifie énormément les échanges ;-). La plupart du temps leur recherche se limite à un autre couple.
On pourrait se dire qu’après tout, c’est pas plus mal. Après tout, quatre personnes, chacune bien dans leur couple, partageant des plaisirs… Mais…
Risques de rencontre :
Les échangistes par dépit
Le couple pratique l’échangisme pour pallier à une sexualité ternie.
Comment les reconnaître :
- Il ne se dégage pas d’eux une attitude couple (gestes tendres,… )
- Ils ont très rarement d’initiatives sexuelles entre eux (caresses poussées, etc)
- Pendant la partie de jambes en l’air, ils s’épient leurs faits et gestes…
Dénouements possibles :
- Crises de jalousie en vous prenant pour témoins
- Couple collant malgré vos tentatives de prendre de la distance
- Ils vous déballent leur histoire et tentent de vous expliquer leur mal-être
Le/la soumise
L’un des membres du couple (le plus souvent la femme) pratique l’échangisme à contrecœur pour faire plaisir à son partenaire, imaginant que dans le cas contraire son couple flanchera.
Comment les reconnaître (cas de la femme soumise, 90% des cas) :
Difficile, pour sûr, surtout pour des débutants. Mais certains signes ne trompent pas
- Monsieur semble très à l’aise, les yeux à l’affût, Madame a plutôt les yeux dans son verre et semble avoir des gestes de tendresse envers son homme non partagés en retour
- Madame ne semble pas très à l’aise dans les vêtements minimalistes que son homme lui a demandé de porter et tente même de cacher ce qu’elle peut
- En leur compagnie, Monsieur est très engageant sur le sujet du sexe, alors que madame et plutôt refermée ou cherche à dégager le sujet
- Monsieur demande à votre homme « alors, ma femme vous plait? », généralement suivi d’un « si on allait s’amuser ? » tout en vous reluquant…
- Quand vous parlez de pratiques sexuelles à Madame, elle ne semble pas avoir d’avis très forgés sur la question…
- Par contre, Monsieur vendra les prestations et goûts de Madame comme un vendeur de voitures essayant de vous refourguer le dernier modèle à la mode
Dénouements possibles :
- Votre partenaire s’ennuiera ferme avec Madame, qui ne mettra pas un enthousiasme fou à se laisser aller ;
- Si vous êtes bisexuelle, il y a fort à parier que vous sentirez une sorte de contrainte de la part de Madame à fricotter avec vous (cf. « Les Rabatteuses) ;
- Monsieur n’aura pas grand chose à faire de la manière de laquelle votre compagnon s’occupe de sa partenaire ;
Le couple paumé
Voir plus loin la catégorie « jairienàfoutreici» dans la famille des « parasites »
LES TRIOLISTES
(Rien à voir avec les amateurs de franchissement d’obstacles à vélo, les trialistes)
Ok. Donc mélangistes et échangistes, c’était sur la base de duos. Dans le cas présent, le préfixe trio suppose… l’intégration d’une troisième personne dans le couple. La plupart du temps, un homme.
Nous sommes déjà, avec ce type de couple, un peu plus dans l’esprit libertin.
Ces couples triolistes, on les reconnaît du fait qu’ils ne fréquentent que très rarement les soirées couples. Ils seront présents pendant les soirées trios ou mixtes.
Car Monsieur a su écouter et assumer les désirs de sa partenaire, qui aime la sensation d’être désirée par deux hommes, dont le sien, en même temps (ou successivement).
Comment les reconnaître ?
En étant attentive, j’ai pu remarquer deux catégories de triolistes : les pique-niqueurs (jeu de mots non intentionnel) et les gastronomes. La différence ?
Les pique-niqueurs
Ils débarquent en club déjà accompagnés de leur casse-croûte, qui peut être le fruit d’une rencontre privée préalable ou bien le partenaire de jeux régulier du couple. L’établissement ne sert alors qu’à leur offrir un cadre différent et constitue un lieu de sortie.
Le trio se déplace, danse et boit à ensemble. Madame se partage exclusivement les faveurs de ses deux chevaliers.
les gastronomes
Par opposition aux précédents, ceux-ci se rendent seuls dans l’établissement. Ils choisissent et consomment sur place. Je les reconnais souvent au fait qu’ils scrutent ensemble les hommes seuls, échangent des commentaires et signes d’approbation ou désapprobation. La cible choisie, selon le couple, c’est soit monsieur qui entamera la discussion avec soit madame. Si l’entretien est favorable, l’heureux élu est souvent invité à rejoindre le couple à table autour d’un verre, avant de partir vers la piste de danse ou plus directement, vers les coins câlins.
Risques
Le triangle non-isocèle
Si vous êtes un couple, absolument aucun car vous n’êtes pas au centre de leur recherche. Si vous êtes une femme seule et que cela constitue leur graal, faites attention à ne jamais déborder de votre rôle, celui de prendre et de leur donner du plaisir, pour une soirée, pour une occasion.
Car je ne compte plus le nombre de couples triolistes que j’ai vu exploser avec le temps…
En effet, dans certains couples fragiles, la troisième personne, soit-elle homme ou femme, en vient à tisser des liens plus forts avec l’un des deux membres du couple (en général celui du sexe opposé). L’autre partenaire se sentant lésé, c’est l’amorce d’une catastrophe annoncée…
Les carottes sont cuites, je répète…
Si c’est votre couple qui recherche un trio, soyez sûrs d’abord de discuter entre vous des limites. Et peut-être même accordez-vous sur un code (un geste, un mot, une expression).
Car une fois que vous aurez invité le troisième à table ou à danser, il est fort possible que l’un de vous deux décèle quelque chose qui vous déplait et ce sera difficile d’en parler en sa présence. N’oubliez pas que vous êtes avant tout un couple qui est là pour se faire plaisir, alors si vous sentez que ça peut tourner au vinaigre, autant le désamorcer avant.
Le cheval de troie
Certainement le risque le plus néfaste pour le couple. Et il s’agit habituellement d’hommes. Pour peu que ce dernier ait été au goût de madame et qu’il ait décelé dans le couple une certaine fragilité (dans les rapports affectifs ou sexuels), sa nature prédatrice et possessive (le fond de la nature masculine) prendra le dessus.
Belles paroles, démagogie de couple (alors qu’il est seul) il a vite compris où se situaient vos faiblesses et tel un machiavel hypnotiseur, cherche à vous convaincre que seul lui saurait prendre soin d’une femme comme vous, car il a su vous combler.
Notez que type de personne ne s’attaque pas uniquement aux couples « fragiles ». Une variété intellectuellement moins sophistiquée sera persuadée que si le couple cherche un trio, c’est que madame n’est pas satisfaite sexuellement. Si en plus, Madame, il vous a fait grimper aux rideaux (à en décrocher les tringles), ses vieux instincts de mâle dominant prennent le dessus et s’impose progressivement dans le couple, par une tentative d’accaparation, enlacement, caresses, baisers…
Si vous voulez que votre couple en ressorte indemne, à la vue de ces premiers signes, n’ayez aucun scrupule, éjectez-le. S’il est du genre gluant, parlez-en au patron du club ou en dernier recours, quittez les lieux.
LES LIBERTINS, LES PARTOUZEURS
Notez le L majuscule de Libertins. Il n’est pas là par hasard. C’est une catégorie regroupant beaucoup de variétés, mais sont à mon sens la véritable expression du libertinage.
Ils peuvent être un couple, une femme seule, un homme... Parfois même, un groupe d’hommes. À la différence qu’ils ont parfaitement assimilé l’esprit du libertinage. Celui de ne pas créer de règles pour encadrer leur liberté sexuelle…
Ils peuvent être de toutes les catégories précédentes sans pour autant s’y confiner : mélangistes (un moment), échangistes (selon feeling), triolistes (si l’occasion se présente). Mais aussi gang-bangueurs ou (j’en sais quelque chose) apprécier la pluralité masculine, exhib et voyeurs, hétéros ou bisexuels…
Leur seul credo est celui de profiter des joies et des plaisirs de la chair. Ils sont des adolescents éternels, avides de nouvelles expériences et sensations.
Pour cela, s’ils sont en couple, ils auront pris le temps de discuter, de se comprendre et de comprendre la différence entre le sexe et l’amour. Leur couple est au centre de leur vie, mais pas au centre de leurs moeurs sexuelles. Le plaisir de l’un donne du plaisir à l’autre, sous une autre forme, celle d’un épanouissement sexuel total. Et cela se ressent dans la vie au quotidien du couple.
Si on parle d’électrons libres, hommes ou femmes Libertins, ils ne cherchent pas à compenser des frustrations ou un manque affectif dans leur vie. Au contraire, ils ont découvert que le Libertinage permet enfin un rapport franc avec les autres, débarrassé de tabous, de fausses promesses et engagements… Car en club, le Libertin ne cherche pas à constituer ou retrouver les bases d’un couple. Il est là pour passer un moment agréable, sexuel ou pas, avec des personnes qui affichent aussi ouvertement que lui leur ouverture d’esprit, la recherche de plaisirs physiques.
Seul ou en couple, le Libertin est respectueux des envies d’autrui, sait comprendre le sens du mot « non merci » et ne pas prendre ce refus comme une provocation, mais tout simplement comme deux recherches qui ne coïncident pas. Et passe à autre chose.
Le Libertin n’est pas jaloux, car il compris que le corps et le plaisir de l’autre ne lui appartiennent pas.
Alors, le couple Libertin, vous l’apercevrez peut-être en compagnie de deux femmes, ou de trois hommes. Vous verrez peut-être aussi les deux hommes du couple au bar tandis que les femmes s’amusent entre elles ou avec d’autres hommes. Ou bien la femme, gourmande, en compagnie de quelques hommes seuls, tandis que son compagnon l’observe, voyeur, au travers d’un miroir, perdu dans la foule anonyme des voyeurs.
Le Libertin en solitaire, homme ou femme, est là pour s’amuser et pour vivre des histoires sans lendemain. Il n’est pas venu vous déblatérer les raisons de son célibat ou de sa présence en solo. Il est là, disposé à en profiter, un point et c’est tout.
Lui, saura jouer le rôle qui lui est imparti. Il sait qu’un homme en club est la plupart du temps, réalisme oblige, un « potentiel sexe en érection avec un bon coup de reins ». Mais il comprend qu’avant et après le jeu, un comportement de gentleman est de mise. Il sait aussi s’effacer quand le couple a besoin d’intimité ou quand sa présence n’est plus souhaitée. Il a réalisé, avec le temps, qu’une telle attitude lui donne une réputation qui ne fera que le servir…
Elle, solitaire, sait combien elle est rare et recherchée. Par les couples, par les hommes seuls… Plus rarement par d’autres femmes seules. Et sait en jouer. Elle assume ses envies. Pas de pudibonderie. Elle sait que dans le contexte d’un club libertin, le terme « salope » revêt un tout autre sens, celui d’une femme allant jusqu’au bout de ses envies, sans se soucier des règles traditionnelles qui veulent que ce soient les hommes qui prennent mènent la danse.
Dans un environnement constitué exclusivement de libertins, être qualifié de « salope » aurait presque lieu de reconnaissance, au même titre que « queutard » ou « bon baiseur » pour un homme.
À l’instar de l’homme seul, elle sait encore mieux combien l’homme est faible face aux femmes et dans un couple, se fera discrète une fois les ébats finis. La Libertine bi décèle très vite les fausses bisexuelles, autant d’appâts lancés par des hommes dominants pour obtenir des trios à leur faveur. Et elle les évite comme la peste. (cf « Les Rabatteuses »)
A la croisée des chemins entre véritables libertins et ceux qui n’ont pas leur place dans les soirées et établissements libertins, nous trouvons cette étrange pratique. J’ai nommé les mélangistes…
LES MELANGISTES (COTE-A-COTISTES)
(A ne pas confondre avec les pentecôtistes).
La pratique consiste en deux (ou plusieurs) couples ayant des relations sexuelles avec leur partenaire régulier (oui oui, comme dans la vie de tous les jours), simplement que là, ils sont plusieurs dans la même pièce à faire ça.
Une variante un peu plus « osée » consiste à autoriser les caresses manuelles, voire buccales (très technique que tout cela n’est ce pas ?) entre participants (la plupart du temps entre filles). Mais jamais de pénétrations hors couple.
De prime abord, ils ne peuvent pas être distingués d’un couple échangiste ou libertin. Seule une conversation vous permettra d’éclaircir ce point.
L’opinion qui suit est purement personnelle. Je n’entends à aucun moment détenir la vérité sur le libertinage. Mais pour moi, le mélangisme peut être envisagé de deux manières :
- S’il se pratique au début d’une vie libertine, alors c’est une méthode douce, dirons-nous, d’initiation. Le couple découvre alors progressivement ses envies, ses fantasmes, ses limites. Par la suite, le couple peut évoluer vers de l’échangisme, du triolisme, etc.
- Par contre si le couple poursuit cette pratique pendant des années sans jamais la faire évoluer, je ne parlerais plus de libertinage, mais bel et bien d’un mélange de voyeurisme et d’exhibitionnisme. Ce qui n’est pas du tout la même chose.
La pratique exclusive du « mélangisme » est à mes yeux un état de pulsion libertine frustrée. Par peur des effets de la jalousie. Par excès de possession envers l’autre. Par le manque de dialogue dans le couple et donc de compréhension des fantasmes, surtout féminins.
Car étrangement, sur les annonces de rencontres papier ou internet, la plupart des mélangistes ne sont pas du tout fermés à la participation d’une femme seule. Très souvent, pour le bonheur de monsieur. Qui en revanche, ne supporterait pas la pénétration de madame par un homme seul.
Encore une fois, le mélangisme comme phase d’initiation peut être une bonne chose. Cela peut même être un bon préliminaire avant d’«échanger». Au delà, ce n’est plus du libertinage.

Entourée par Didier de France Coquine et Fred, l'autre Boss du Glamour
pendant la soirée de présentation de la nouvelle édition du Guide
dans lequel a été publiée ma chronique "Us et Coutumes

La sortie du gudie a également été l'occasion de réunir les patrons des
principaux clubs libertins français. Ici, devant le Galmour, bibi au milieu
A venir : les parasites du libertinage : chiens de faïence, fashionistas, lourdingus, les "jairienafoutreici" etc.
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Commentaires
(salut Cécilia et le club)
Eh bien après ça, si l'on ne fait toujours pas la distinction dans tout ça...
pourquoi mettre ensemble les libertins et les partouzeurs, l'un ne va pas forcément avec l'autre, je pense avoir été libertin toute ma vie sans être un partouzeur, mais il est vrai que je ne fréquente pas les lieux libertins (du moins pas depuis des années), c'est plus un esprit appliqué à une facon de vivre et à ne pas s'engager chez moi, donc à vivre pleinement une sexualité libre, indépendante et forcément liée au celibat, mais pas liée aux partouzes ni aux lieux libertins.....
c'est sur que cet esprit pratiqué hors des lieux libertins entraine des incompréhensions avec certaines partenaires rencontrées dans des circonstances ou lieux plus classiques, certains penseront même une "tromperie sur la marchandise", mais je ne suis pas persuadé que tous ceux qui vont dans un lieu libertin en se proclamant libertin soient vraiment sincères avec eux-mêmes, et on les retrouve souvent casés un jour, ne serait-ce que par peur de la solitude à un certain age (c'est humain)
bref, vaste sujet, j'espère ne pas avoir ennuyé tes lecteurs cecilia, ni toi par la même occasion
gros bisou marco
Coucou Miss, c'est toujours avec plaisir que je te lis et que je découvre ce milieu qui m'est (et sauf erreur, restera) totalement inconnu.
Bisouuuuuus Ernest
Eh bien c'était un peu long
mais ca le valait bien 
et foutent rien limite q'ils vous reprochent de faire quelque chose 
: tu devrais écrire un bouquin la dessus...
Un beau petit pied de nez a tous ces pseudos libertins qui vont en club parce que cest la mode
Une
Bises
Merci pour les différents textes, j'ai tout compris au moins jusque demain
Bises à tous deux
bon je vais relir tout les chapitres que tu ecris
car ca vaut bien un awards ou un graal 
il ya telment de choses a dire sur le libertinage et les modes que ton resumé reste simple et clairs pour les couples legitime , illegitime , voir plus si afinitées...
bises et a tres bientot
Plus tôt que tu ne le crois Cheribibi, plut tôt que tu ne le crois
tres bon article sur le sujet du libertinage, Bravo
www.lingerie-emotion.com
nous sommes un couple trioliste , je sui tout a fait d accord avec l article nous concernant